Cet été, j’ai renoué avec les échecs. Pas pour gagner, pas pour la performance, juste pour le plaisir de retrouver ce silence particulier qui s’installe devant un échiquier, ce moment où le mental se pose et où quelque chose d’autre se met à observer. Partie après partie, une intuition s’est imposée à moi, presque malgré moi : ce jeu ne parle pas seulement de stratégie. Il parle de nous. De notre énergie, de nos blocages, de notre chemin.
Je me suis replongé dans son histoire, dans ses symboles, et plus j’avançais, plus les correspondances avec mon travail, le magnétisme, l’hypnose, la géobiologie, me sautaient aux yeux. Alors j’ai eu envie de partager cette lecture avec vous, à ma façon, celle de Wellforlife : énergétique, incarnée, sans dogme.
Un damier, un champ énergétique

Les échecs sont nés en Inde il y a environ quinze siècles, sous le nom de Chaturanga. Bien avant d’être un jeu de compétition, c’était déjà une carte du monde miniature.
64 cases, alternées noir et blanc. Rien à voir avec le bien contre le mal, comme on le croit trop souvent. C’est la polarité elle-même qui est représentée, le même principe que le pavage que je retrouve dans certaines traditions initiatiques, ou que je sens parfois dans le champ énergétique d’une personne en séance : de l’ombre et de la lumière, du yin et du yang, du repos et du mouvement. Pas des opposés à combattre. Des forces à faire circuler.
64, c’est aussi 8×8, et 8 est le chiffre de l’équilibre et de la circulation infinie de l’énergie, celui qu’on retrouve couché dans le symbole de l’infini. Et si on pousse la numérologie un peu plus loin : 6+4=10, puis 1+0=1. La multiplicité ramène toujours vers l’Un. C’est exactement ce que je constate en cabinet : derrière la complexité d’un blocage, d’une émotion, d’un symptôme, il y a toujours un fil unique qui reconduit vers le centre de la personne.
Le Roi : votre centre, votre champ vital
Le Roi ne fait presque rien. Il se déplace lentement, une case à la fois, et pourtant toute la partie repose sur lui. On peut perdre presque toutes ses pièces et continuer à jouer. Si on perd le Roi, tout s’arrête.
C’est très exactement ce que je vois dans le travail énergétique. Le Roi, c’est votre centre vital, votre ancrage, ce noyau stable que je cherche à renforcer en magnétisme quand je travaille sur la circulation du champ bioélectrique. Ce n’est pas la pièce la plus spectaculaire. C’est celle sans laquelle rien ne tient. Prendre soin de son énergie, ce n’est pas courir après chaque case brillante de l’échiquier, c’est protéger ce centre-là.
La Dame : votre énergie créatrice

La Dame, elle, va partout. Elle réunit la puissance de la Tour et la finesse du Fou. Elle construit, elle protège, elle ouvre des possibles là où tout semblait fermé.
C’est l’image parfaite de cette énergie créatrice que je réveille souvent chez mes patients en séance d’hypnose éricksonienne, cette part d’eux-mêmes qui sait déjà, intuitivement, où aller, mais qui a besoin qu’on lui redonne de l’espace pour circuler librement. Chacun de nous porte une Dame intérieure. La question n’est pas de la créer, mais de cesser de la brider.
Les Tours : vos fondations
Chars de guerre à l’origine, devenues fortifications avec le temps, les Tours avancent droit, sans détour. Elles incarnent la stabilité, la structure, ce socle sur lequel toute transformation durable doit s’appuyer.
En géobiologie, je le vérifie sans cesse : on ne peut pas construire un mieux-être solide sur un terrain énergétique instable. Les Tours, ce sont vos fondations, votre lieu de vie, votre équilibre du sommeil, vos rituels ancrants. Sans elles, même la plus belle intention se dérobe.
Le Cavalier : l’intuition qui bouscule
Seule pièce à sauter par-dessus les obstacles, le Cavalier se déplace en L, contre toute logique apparente. Il rappelle qu’une vraie transformation intérieure n’est jamais parfaitement linéaire.
Je le constate presque à chaque séance : parfois, une seule prise de conscience, un seul déclic pendant une transe hypnotique, vient éclairer d’un coup ce qu’on cherchait à comprendre depuis longtemps. Ce n’est pas que le chemin parcouru avant ne comptait pas, c’est qu’il arrive un moment où tout se relie enfin. Le Cavalier, c’est cette intuition qui ose le détour, le raccourci que la raison seule n’aurait pas emprunté.
Le Fou : voir autrement
C’est ma pièce préférée depuis cet été, et je crois que ce n’est pas un hasard, vu mon métier. À l’origine un éléphant dans le jeu indien, il est devenu en Occident cette pièce presque spirituelle qui ne se déplace qu’en diagonale.
La verticale évoque l’élévation. L’horizontale, le quotidien. La diagonale relie les deux, exactement le pont que je cherche à créer entre le monde subtil et le concret dans mon travail de magnétiseur. Le Fou ne choisit pas entre matière et esprit. Il avance entre les deux, discrètement, en contournant ce qui bloque le passage direct.
Et puis il y a ce détail que j’ai adoré redécouvrir : chaque Fou reste toute la partie sur une seule couleur de case. Seul, il est limité. À deux, les Fous couvrent tout l’échiquier. Aucun de nous ne détient seul toute la vérité sur son propre chemin énergétique. C’est la rencontre des regards, le vôtre, celui d’un thérapeute, celui d’un proche, qui élargit le champ des possibles.
Les Pions : l’humilité qui transforme

Et puis il y a les Pions. Les plus modestes, les plus exposés, ceux qu’on sacrifie parfois sans y penser.
Ce sont pourtant eux qui portent, à mes yeux, le message le plus juste. Un Pion avance d’une case à la fois, humblement, sans jamais brûler les étapes. Et s’il tient bon jusqu’à l’autre bout de l’échiquier, il peut se transformer en la pièce la plus puissante du jeu.
C’est toute la philosophie de Wellforlife, en réalité : on ne change pas une vie, un champ énergétique, un schéma installé depuis vingt ans, en un claquement de doigts. On avance case après case. Une séance, une prise de conscience, un ajustement à la fois. Et un jour, souvent sans qu’on l’ait vu venir, la transformation est là.
Une partie qui se joue surtout en nous

Voilà ce que cet été m’a offert, entre deux parties : la certitude que l’adversaire, sur l’échiquier comme dans la vie, n’est presque jamais en face de nous. Il est en nous. Nos peurs, nos résistances, nos vieux schémas.
Le Roi nous rappelle de rester fidèles à notre centre. La Dame réveille notre créativité. Les Tours construisent notre stabilité. Le Cavalier ose l’intuition. Le Fou nous invite à changer de regard. Et le Pion nous enseigne, avec une humilité désarmante, que chaque petit pas compte autant que la victoire finale.
Le véritable échec, finalement, n’est pas de perdre une partie. C’est d’avancer dans sa vie sans jamais chercher à se connaître.
Alors la prochaine fois que je m’installerai devant un échiquier, je saurai que je ne joue pas seulement contre un adversaire, je joue, une fois de plus, à mieux me rencontrer moi-même.
David Rodriguez accompagne à Lyon et partout en France les personnes en quête d’équilibre à travers le magnétisme, l’hypnose éricksonienne, la géobiologie et le feng shui. Wellforlife.

